mercredi 6 mai 2009

Miscellaneous

Miscellãneus


Du jardin des oliviers

Installation au 60 ADADA / détail

Installation au 60 ADADA / détail

En attendant une présentation développée dans le site en construction www.liliamoglia.com/ voici ce qui a été écrit à propos de mon travail par Luisa Futoransky.

Lilia Moglia en son jardin d’impossible acclimatation

Pour Lilia Moglia, il est très inconfortable d’«expliquer» son travail. Par ailleurs, je ne connais pratiquement aucun véritable artiste qui ne considère pas que l’œuvre se suffise à elle-même. L’œuvre de Lilia Moglia s’expérimente. Et surtout dans les interlignes, les creux et les non-dits. Bien que les habitudes contemporaines, pour les œuvres conceptuelles, réclament de fournir le «mode d’emploi», des instructions, un prospectus, l’itinéraire, la clef de compréhension - ces éléments constituant en partie les œuvres -, dans le cas qui nous intéresse, ils seraient non seulement superflus, mais encore le dévoilement apporterait une touche de désenchantement. Le travail de Lilia Moglia n’est pas moins conceptuel pour autant. Cependant l’artiste signale avec beaucoup de détermination que sa visée est surtout relationnelle, en précisant qu’il s’agit d’une «empathie» avec la matière. J’ose suggérer que, dans le cas du bois, elle arrive à se mettre à la place d’un «tasseau», elle le comprend, elle lui fait communiquer l’émotion essentielle de sa provenance, de ses souvenirs, de son devenir. Nous pouvons dire que l’œuvre plastique de Lilia Moglia, est construite avec la minutie passionnée d’un anthropologue.

En revanche, le concept est circulaire : réflexivité entre les matières et les idées graphiques et scénographiques qui viennent de l’intérieur, de l’axe, du noyau de la matière, et dans le cas du bois, nous pouvons dire de ‘’l’inconscient’’. Le bois rêve, ‘’les arbres parlent arbre’’. Juguemos en el bosque(jouons dans la forêt..), dit une vieille comptine argentine, pendant que les loups guettent, avec leur grandes gueules menaçant toujours les recoins les plus archaïques du langage, ce qui veut dire la mémoire primordiale des songes.

Elle sait trop bien que pour exister le présent s’enracine dans les soubassements et dans les archétypes d’avant-hier. Hypothèse démontrée : ses explorations concluent à des résultats heureux de formes urbaines érigées pas à pas, faites de réminiscences, de segments, et de strates douloureuses du passé. L’univers créationnel de Lilia Moglia est profond et méditatif. Elle sait que le noir annonce, mais aussi qu’il occulte et triche, et que le blanc, même s’il peut éblouir, met en évidence.

Pacifiantes, chacune de ses œuvres, chacune de ses installations, est de facture laborieuse, au-delà de l’excellence. Il en résulte un itinéraire de prodige, d’étonnement, de charme, de grâce, de style et d’élégance innée, et surtout de poésie. Sans oublier le «duende», ce qu’il y a de plus secret, ce dont seul celui qui a appris à travailler avec le feu peut en parler. Ainsi ce chemin qui se déroule du complexe au simple se prolonge en une transcendance naturelle.

Lilia Moglia ne parle pas à la place des autres. Elle n’est pas les autres. Elle est. Et comme tout ce qu’elle approche, aspire à la perfection, à une exception près : son jardin d’impossible acclimatation.

Novembre 2004, Luisa Futoransky,
poète, écrivain argentin
Traduction provisoire de l’espagnol (argentin)











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